Manuel de sécurité routière
Un manuel pour les praticiens et les décideurs
pour la mise en œuvre d’une infrastructure sûre

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5.1 Introduction

Des données de sécurité complètes sont indispensables pour une gestion effective de la sécurité routière. Elles sont essentielles à une approche fondée sur le retour d’expérience, en particulier pour produire : des stratégies fondées sur les résultats, des programmes et des projets d’actions, l’identification des principaux types d’accidents et leurs emplacements, le diagnostic des causes des blessures graves et mortelles dans les accidents de la route, la sélection des traitements, et le suivi et l’évaluation des progrès.

L’établissement des bases de données et leur mise à jour sont explicitement identifiés comme faisant partie du Plan mondial pour la Décennie d’Action, dont le Pilier 1 (Gestion de la Sécurité routière) souligne l’importance de cette activité (CNUSR, 2011).

Les données sur les accidents sont certes des données cruciales de sécurité et constituent une précieuse source d’information pour la gestion de la sécurité routière, mais elles ne sont pas les seules données nécessaires à cette fin. D’autres informations doivent les compléter, telles que : l’inventaire des routes, les données d’enquêtes sur les comportements critiques, des données sur les sanctions policières, le réseau routier et la sécurité du parc de véhicules, ainsi que sur la qualité du système médical d’interventions d’urgence.

Ces données sont importantes pour fournir des mesures intermédiaires de sécurité. Dans les PRFIs, où les bases de données sur les blessures par accident de la route ne sont pas complètes ou opérationnelles, les données obtenues à partir d’enquêtes sont essentielles pour mesurer et cibler des problèmes de sécurité. L’examen de la capacité de gestion dans ces pays indique que cette dernière est insuffisante. De ce fait, il est nécessaire de renforcer leurs compétences afin d’améliorer le recueil, le stockage, l’analyse et le partage des données de sécurité routière.

Ce chapitre présente une information sur les types de données requis pour peupler les bases de données de même que sur le recueil et l’utilisation de celles-ci. Il comporte aussi des conseils sur le croisement des différents types de données, permettant de gérer la sécurité routière plus efficacement.

Des exemples d’utilisation de ces données sont présentés dans l’ensemble du Manuel, en particulier sur :

  • l’établissement des objectifs et les indicateurs de résultats (chapitre 6 ),
  • l’évaluation des risques et les solutions potentielles (chapitre 10),
  • la sélection et la priorisation des interventions (chapitre 11) et
  • le suivi et l’évaluation (chapitre 12).

Une grande partie du présent chapitre examine la gestion des données de sécurité au niveau du réseau (par exemple, pour tout le pays). Toutefois, il est reconnu que l’établissement d’une source nationale de données, bien qu’essentielle, peut se trouver hors de portée pour certains pays. Dans de tels cas, et au minimum, l’information contenue dans ce chapitre peut être utilisée pour initier le recueil de données sur les routes à haut risque, notamment à partir de projets de démonstration dans des corridors et zones sélectionnés (voir Chapitre 6).

Pour une gestion efficace de la sécurité routière, et ainsi que déjà signalé ailleurs dans ce Manuel, l’attention doit se concentrer sur l’élimination des décès et des blessures graves (définis au chapitre 5.2). Le recueil de données devrait donc donner la plus haute priorité à l’information sur les blessures graves et mortelles, les types d’accidents (tels qu’identifiés au chapitre 4), et les facteurs causant ces blessures. Il existe aussi des utilisations importantes des données sur les blessures mineures et même sur les accidents sans blessure ; l’information correspondante devrait donc être recueillie autant que possible.

Par où commencer?

Les pays doivent commencer par évaluer l’information sur la sécurité qu’ils collectent déjà, déterminer quelles sont les parties prenantes principales (collecteurs et utilisateurs), comment les données sont utilisées, et quelle information supplémentaire est nécessaire (chapitres 5.2 et 5.3).

Il leur faut ensuite initier le recueil des données de « résultats finaux » sur les blessures (en particulier les blessures graves et mortelles), qui peuvent dans un premier temps être obtenues pour les routes et corridors à haut risque (habituellement les routes nationales à fort volume de circulation ; chapitre 5.3).

Ensuite vient le recueil des données sur les « résultats intermédiaires » ou de l’information sur les indicateurs de résultats (voir chapitre 5.2). L’information sur les routes et leurs abords est de haute priorité, et peut être utilisée pour identifier des problèmes et des solutions, y compris en l’absence de données détaillées sur les accidents (chapitre 5.4). D’autres données intermédiaires concernent le respect des règles de circulation (telles que les taux d’excès de vitesse, d’alcoolémie et de port du casque ; chapitre 5.4). Elles peuvent aussi permettre d’identifier des problèmes et des solutions, et être utilisées dans la gestion des résultats de la sécurité routière.

 

Références

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