Manuel de sécurité routière
Un manuel pour les praticiens et les décideurs
pour la mise en œuvre d’une infrastructure sûre

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3.3 Le chemin à suivre pour améliorer la gestion de la sécurité routière

Démarrer

  • Les organisations internationales recommandent que tous les pays et organisations envisagent d’adopter l’objectif à long terme d’un Système sûr comme objectif central de leur système de gestion de la sécurité routière.
  • La première étape recommandée pour un pays avant d’établir une stratégie d’investissement en sécurité routière, quel que soit son stade de développement, est de faire réaliser un examen des capacités par des experts en sécurité routière de haut niveau et indépendants. Cet examen évalue tous les éléments du système de gestion de la sécurité routière et ses liens, établit les grandes lignes d’une stratégie d’investissement dans la gestion de la sécurité routière et identifie à grands traits les projets relevant du Système sûr à lancer.
  • La deuxième étape recommandée pour renforcer les capacités identifiées par le diagnostic consiste à soigneusement concevoir et mettre en œuvre des projets relevant du Système sûr financés par plusieurs secteurs. L’objectif est ainsi d’apprendre par la pratique. L’approche recommandée consiste à concomitamment faire progresser le transfert de connaissances en matière de sécurité routière, renforcer les capacités des partenaires gouvernementaux et parties prenantes, et produire rapidement des résultats dans des corridors et des zones ciblés à fort trafic et à haut risque, pour dimensionner la prochaine étape de l’investissement.
    • Les principales composantes de projet recommandées pour les orientations nationales sont:
    • Les priorités en matière de renforcement des capacités: création/ développement de l’agence chef de file, création d’une base de données sur les accidents et autres réformes institutionnelles.
    • Les corridors et les zones à haut risque à cibler par des interventions fondées sur les bonnes pratiques : améliorations de la sécurité des infrastructures ; programmes généraux de contrôle de la sécurité routière fondés sur la dissuasion, soutenus par des campagnes intensives de publicité et de sensibilisation (par exemple, vitesse, alcool, port de la ceinture de sécurité et du casque, fatigue, véhicules commerciaux) ; et amélioration de la réponse après accident des services d’urgences médicales et de réhabilitation.
    • L’examen de réformes politiques : par exemple, permis de conduire, normes de sécurité des véhicules.
    • Les moyens de gestion du projet : rôle de l’agence chef de file, coordination.
    • Le suivi et l’évaluation : enquêtes (par exemple, comportements tels que la vitesse moyenne, l’alcool au volant, le port d’équipement de protection ; la sécurité des véhicules et du réseau routier, l’efficacité des interventions médicales d’urgences) ; objectifs de résultats pour des corridors et des zones à haut risque ; procédures et mécanismes de rapport, élaboration d’une base de données et d’un système d’analyse des accidents.

Progresser

  • Il est recommandé d’accroître l’investissement, une fois établie la capacité initiale de base, pour y inclure le leadership, le travail multisectoriel, le suivi et l’évaluation. En s’appuyant sur les résultats obtenus dans les corridors et zones ciblés ainsi que sur l’examen des politiques, cette phase de croissance implique :
    • l’établissement d’objectifs nationaux quantifiés,
    • le déploiement de mesures multisectorielles globales dans les corridors et les zones urbaines à forte densité d’accidents mortels et graves sur le réseau routier,
    • la mise en œuvre de réformes continues des politiques et interventions en matière de sécurité, et l’introduction de nouvelles mesures conformément aux pratiques internationales efficaces,
    • le renforcement et la ré-orientation du rôle et des fonctions de l’agence chef de file et des mécanismes de coordination associés,
    • la gestion, le suivi et l’évaluation des résultats en matière de sécurité routière dans les corridors et zones urbaines à forte densité d’accidents mortels et graves sur le réseau,
    • la mise en œuvre de réformes en continu des fonctions de gestion institutionnelle,
    • la diffusion des données sur les performances en matière de sécurité routière, issues du système national d’analyse d’accidents, et l’accès libre à ce système pour tous les partenaires et intervenants.

Consolider l'activité

  • À mesure que les capacités se renforcent, l’activité nationale doit faire l’objet d’examens périodiques et d’améliorations continues, et être élargie afin d’inclure  un cadre de performances en sécurité pour les régions, les provinces et les départements. Ceci implique de:
    • étendre et appliquer les objectifs nationaux aux régions, provinces et départements,
    • soutenir des mesures multisectorielles globales sur l’ensemble du réseau routier et élargir le ciblage à des routes moins risquées,
    • examiner et comparer au niveau international les politiques et interventions en matière de sécurité, et mettre en œuvre des réformes,
    • examiner et réformer le rôle et les fonctions de l’agence chef de file et les mécanismes de coordination associés,
    • élargir le suivi et l’évaluation des performances en matière de sécurité routière aux routes moins risquées du réseau,
    • examiner et réformer les fonctions de gestion institutionnelle,
    • mettre à niveau le système national d’analyse des accidents et élargir les possibilités de suivi des performances.
Références

No reference sources found.